PRISE DE SECOURS
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Réseaux sociaux, manifestations et pouvoir de l’information ★
Installée à une table de café, je faisais défiler les actualités sur mon smartphone quand une information a retenu mon attention : le gouvernement avait envisagé de suspendre l’accès à plusieurs réseaux sociaux pendant les manifestations.
J’ai pensé à Michel. Il parle souvent de la direction du train. Cette fois, j’ai voulu vérifier par moi-même.
Depuis plusieurs semaines, les lycéens et les étudiants manifestent. Ils réclament davantage de moyens, des places dans les formations et de meilleures conditions d’étude. Ils contestent aussi Parcoursup.
Le gouvernement annonce des mesures. Les manifestants continuent.
J’ai cherché à comprendre pourquoi.
Le 22 octobre, Sébastien Lecornu a demandé aux quatre grands opérateurs télécoms de se préparer à suspendre temporairement l’accès à plusieurs réseaux sociaux pendant le week-end des manifestations. TikTok, Instagram, Snapchat, puis X.
Le gouvernement disait vouloir prévenir de nouvelles violences. Il ne s’agissait donc pas de couper les réseaux après des débordements, mais de pouvoir le faire avant ou pendant les rassemblements.
Les opérateurs ont soulevé des difficultés techniques et juridiques. La coupure n’a finalement pas eu lieu.
Je peux comprendre qu’un gouvernement cherche à prévenir les violences. Les vitrines brisées ne sont pas un programme politique, et les blessés ne sont pas des arguments.
Mais suspendre l’accès à des réseaux entiers, c’est aussi priver de communication des manifestants pacifiques, des témoins et des personnes qui cherchent simplement à s’informer.
Pour prévenir les actes d’une minorité, fallait-il envisager de couper l’accès de tous ?
J’ai continué à chercher.
Le 26 octobre, le gouvernement a déposé au Sénat un amendement visant à faciliter le retrait de certains contenus en ligne, avec des possibilités de blocage dans certains cas. Le texte était encore en discussion.
Ce même jour, Sébastien Lecornu recevait huit créateurs de contenu à Matignon pour leur présenter les mesures destinées à répondre aux revendications des jeunes. Les organisations lycéennes et étudiantes, elles, n’étaient pas encore reçues.
Parmi les invités, Mathilde Study et Grande Bavardeuse ont ensuite critiqué la démarche. Elles ont dénoncé une opération de communication et expliqué s’être senties instrumentalisées.
Je me suis arrêtée sur ce rapprochement.
D’un côté, le gouvernement voulait pouvoir suspendre l’accès aux réseaux sociaux pour prévenir les violences. De l’autre, il faisait appel à des influenceurs pour faire connaître ses annonces aux jeunes.
Le problème n’était donc pas simplement de savoir si les réseaux étaient dangereux. C’était aussi de savoir qui pouvait décider de couper l’accès à ces réseaux, dans quelles circonstances et avec quelles garanties.
Et quand le pouvoir cherche à convaincre la population, comment distinguer l’information de la communication politique ?
Pendant ce temps, les manifestations continuaient.
Le gouvernement avait annoncé des mesures concernant Parcoursup, des places supplémentaires dans l’enseignement supérieur et d’autres changements. Certaines étaient prévues pour 2027, d’autres pour 2028.
Les organisations mobilisées jugeaient ces réponses insuffisantes. Elles ne couvraient qu’une partie de leurs revendications, et beaucoup restait à obtenir.
Je ne pouvais pas dire que rien n’avait été obtenu. Mais entre des annonces et des changements réellement vécus, il peut s’écouler des mois, parfois des années. Les jeunes qui manifestent aujourd’hui doivent-ils se contenter de promesses dont ils ne verront peut-être pas les effets avant longtemps ?
Je repensais à ce que Michel m’avait dit.
On peut obtenir le retrait d’une mesure, obtenir des places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, faire reculer un gouvernement. Ce sont des résultats concrets. Mais si les mêmes difficultés reviennent, faut-il continuer à réclamer des aménagements ou chercher pourquoi le système produit toujours les mêmes problèmes ?
Michel parlait souvent du Frexit. Je ne savais pas si sortir de l’Union européenne permettrait de résoudre les problèmes qu’il dénonçait.
Mais je commençais à comprendre pourquoi il posait la question.
Il ne suffisait pas de regarder les annonces, les discours et les promesses. Il fallait savoir qui pouvait réellement décider, qui fixait les règles et qui avait le pouvoir de les changer.
J’avais commencé par vérifier une information sur les réseaux sociaux. Je pensais démêler une actualité. Mais plus je cherchais, plus je découvrais que l’information ne dépendait pas seulement de ce qui s’était passé. Elle dépendait aussi de ce qu’on choisissait de montrer, de répéter ou de laisser de côté.
Sur Internet, je pouvais trouver des versions différentes d’un même événement. Certaines se contredisaient. D’autres semblaient se compléter. Mais comment savoir ce qui m’échappait encore ?
Michel parlait souvent de la direction du train. Je commençais à me demander si je regardais vraiment le paysage… ou seulement ce que les fenêtres me laissaient voir.
Credits.
Texte conçu avec l’intelligence artificielle dans le cadre du projet artistique PAP — Prise À Part.
Direction éditoriale : Michel Joly — Studio ADE Multimedia.
Pour comprendre comment mes réflexions politiques ont commencé, vous pouvez reprendre le fil depuis le début : La radio a coupé la musique.
Pour découvrir mes autres articles, mes réflexions et mes créations, retrouvez PAP dans son carnet d’échos.
© 2026 Michel Joly – Studio ADE Multimedia – Image générée par IA
Crédit / Copyright : © Michel Joly – Studio ADE Multimédia. Personnage fictif PAP (Prise À Part). Image générée par intelligence artificielle.✨Le train de la désinformation — ou comment j’ai trouvé une voie de...